Petite précision, la dépression, qui a frappé le Nord-Ouest de la France dans la nuit du 15 au 16 octobre 1987, était une "dépression extratropicale", et non un "ouragan tropical". Elle s’est formée et creusée très rapidement sur l’Atlantique, dans un contexte favorable : de l’air froid descendait du nord au-dessus d’eaux océaniques encore chaudes. Ce fort contraste thermique a accentué l’instabilité et alimenté une véritable "dépression explosive". En progressant vers la Bretagne puis la Manche, le système dépressionnaire a vu sa pression atmosphérique chuter jusqu’à 948 hPa à Ouessant, tandis que le gradient de pression se resserrait brutalement.

Les rafales ont d’abord balayé la Bretagne, puis la Normandie en seconde partie de nuit. Les valeurs mesurées ou estimées comptent parmi les plus impressionnantes relevées en France :
Pointe du Raz (Finistère) : 216 km/h ;
Cap de la Hève (Seine-Maritime) : 180 km/h ;
Gonneville (Manche) : 155 km/h ;
Brest (Finistère) : 148 km/h, record absolu de la station à l’époque ;
Caen (Calvados) : 141 km/h ;
Rennes (Ille-et-Vilaine) : 137 km/h…
À Granville, l’enregistreur a atteint sa butée ; la rafale a été estimée à 216 km/h. Les dégâts, comparables à ceux d’un ouragan, expliquent le surnom resté dans les mémoires. Mais scientifiquement, il s’agissait bien d’une tempête extratropicale exceptionnellement intense.
Des creux de 16 mètres ont été enregistrés au large du Finistère et du Morbihan.
Bilan humain : 15 morts en France.
Coût économique : évalué à 23 milliards de francs de l'époque, soit environ 3,5 à 6,8 milliards d'euros actuels.
Impacts :
• 1 250 000 foyers privés d'électricité ;
• Un quart de la forêt bretonne détruite (6 millions de m³ de bois) ;
• Dégâts considérables dans les ports de plaisance et pour l'agriculture (récolte de maïs anéantie).




