Au 31 octobre 2026, c’est-à-dire à un mois de du terme de la saison cyclonique, le National Hurricane Center (NHC) recense dans l’Atlantique Nord 10 systèmes cycloniques nommés : 8 tempêtes tropicales, 1 tempête subtropicale et 1 ouragan.

Le bilan paraît particulièrement maigre, surtout face à la moyenne 1991-2020, mais est-ce vraiment la saison cyclonique la plus faible jamais observée ?

La première nuance concerne le vocabulaire. En nombre de systèmes, la réponse est clairement non. Le tableau climatologique du NHC, qui inclut les cyclones subtropicaux, place 1914 au minimum historique avec 1 seule tempête tropicale et 0 ouragan. D’autres saisons ont également été très peu actives : 3 systèmes en 1930 et 4 en 1983. Avec 10 systèmes nommés, 2026 est donc calme, mais loin du record absolu de faible activité.

En revanche, pour le nombre d’ouragans, 2026 se situe bien dans le bas du classement : 1 seul ouragan a été recensé. Ce total n’est toutefois pas inédit. Le même tableau du NHC signale 1 seule formation cyclonique de catégorie ouragan en 1905 et en 1925, tandis que 1907 et 1914 n’en ont enregistré 0. Autrement dit, l’année 2026 égale un seuil historique de faible fréquence, sans le dépasser.

Il faut aussi distinguer fréquence et intensité. L’unique ouragan de 2026, Isaias, a atteint 105 nœuds de vent maximal et le statut d’ouragan majeur. La saison n’est donc pas « faible » parce qu’elle aurait été dépourvue de phénomène intense : elle est surtout marquée par le petit nombre de systèmes et par une énergie cyclonique accumulée (ACE) très basse, 19,7 × 10⁴ kt² au 31 octobre, soit 83% sous la normale 1991-2020.

Le verdict devra attendre la fin officielle de la saison, le 30 novembre. À ce stade, la formule la plus juste est donc : une saison exceptionnellement peu active, avec 1 seul ouragan — mais pas la saison la moins fournie de l’histoire, ni nécessairement la moins intense.