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Après plusieurs jours marqués par de fortes chaleurs, l’atmosphère va temporairement devenir beaucoup plus instable. Une courte dégradation orageuse est attendue entre vendredi soir et dimanche, avec un risque d’orages localement violents, notamment samedi entre l’est de l’Hérault et les Bouches-du-Rhône. Une fois cette parenthèse refermée, les fortes chaleurs devraient rapidement reprendre le dessus avec une nouvelle séquence caniculaire en seconde partie de semaine prochaine.
Dans cet article, nous revenons sur les mécanismes météorologiques en jeu et les principaux phénomènes attendus.
Dans l’ordre chronologique, quelques orages isolés pourront éclater vendredi soir entre la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie. Ils pourront être très localement forts, notamment vers le Piémont pyrénéen, avec un risque de formation de supercellules.
Les phénomènes attendus sous ces orages pourront être les suivants :

Simulation de la réflectivité radar maximale prévue pour vendredi soir. Les cellules les plus actives pourraient se développer entre la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et le Piémont pyrénéen, avec un risque localisé de supercellules.
Toutes les cellules orageuses ne se ressemblent pas. Une supercellule est un orage particulièrement organisé, caractérisé par un courant ascendant en rotation appelé mésocyclone. Cette organisation lui permet de durer beaucoup plus longtemps qu’un orage classique et d’engendrer des phénomènes parfois violents : grosse grêle, rafales destructrices, pluies intenses et, plus rarement, tornades.
Même si toutes les supercellules ne produisent pas des phénomènes extrêmes, elles font partie des structures orageuses les plus surveillées par les prévisionnistes.
Ces premiers orages resteront globalement très désorganisés et auront tendance à s’affaiblir au fil de la soirée puis durant la nuit en remontant vers le nord de la Nouvelle-Aquitaine et le nord de l’Occitanie.
Comme toujours avec les orages estivaux, les différences pourront être très importantes d’une commune à l’autre. Certains secteurs pourront recevoir plusieurs dizaines de millimètres de pluie tandis que d’autres, situés seulement quelques kilomètres plus loin, resteront totalement au sec.
Cette forte variabilité explique pourquoi les prévisionnistes parlent d’un risque d’orages et non d’une certitude pour chaque localité.
Demain matin, les premières averses et quelques orages concerneront de manière diffuse l’Hérault, éventuellement très localement l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Ces deux derniers départements devraient toutefois rester globalement à l’écart de la dégradation grâce à la levée rapide de la tramontane.
À l’approche de la mi-journée, les orages devraient se renforcer entre :
Un orage violent n’est pas exclu entre la mi-journée et la fin d’après-midi entre l’est de l’Hérault et les Bouches-du-Rhône.
Cet orage pourrait devenir stationnaire, en produisant plus de 50 mm de pluie en peu de temps, avec un risque de ruissellements et d’inondations localisées.
Les phénomènes associés pourraient également comprendre :

Simulation mettant en évidence la zone où un orage potentiellement stationnaire pourrait se développer entre l’est de l’Hérault et les Bouches-du-Rhône. Ce type de configuration augmente le risque de fortes lames d’eau sur un secteur restreint.
En règle générale, un orage se déplace avec les vents d’altitude. Mais lorsque ces vents sont faibles ou que plusieurs mécanismes atmosphériques se compensent, une cellule orageuse peut ralentir fortement, voire rester quasiment immobile pendant plusieurs dizaines de minutes.
Dans ce cas, les précipitations tombent continuellement sur les mêmes secteurs. C’est ce que les météorologues appellent un orage stationnaire.
Même si sa superficie reste parfois limitée, ce type d’orage est capable de provoquer en très peu de temps des accumulations de pluie importantes, entraînant des ruissellements rapides, des routes inondées ou des montées d’eau localisées.
Ces orages localement violents pourront perdurer jusqu’en soirée en gagnant également la côte varoise ainsi que les Alpes-Maritimes. Étant donné l’instabilité très importante et l’alimentation en humidité depuis la Méditerranée, une cellule orageuse puissante n’est pas exclue également sur le Var et près du littoral.
La Méditerranée joue ici un rôle majeur. En plein été, sa température est élevée et elle évapore continuellement de grandes quantités d’eau. Cet air chaud et humide constitue une importante réserve d’énergie pour les orages.
Lorsque cet air est soulevé par les reliefs ou par l’arrivée d’air plus frais en altitude, il favorise le développement de puissants courants ascendants capables d’alimenter durablement les cellules orageuses.
Entre samedi après-midi et la soirée, des orages d’intensité plus modérée pourront également concerner :
De bonnes accumulations de pluie ne sont pas exclues entre l’ouest du Massif central et les Alpes, notamment sur les Préalpes bien exposées.
Là encore, le risque de grêle et de fortes rafales de vent existera.

Simulation de la réflectivité radar maximale attendue samedi. Le risque orageux s’étendrait du sud-ouest jusqu’aux Alpes, avec des phénomènes localement marqués sur le quart sud-est.
Le risque d’orages s’estompera durant la nuit de samedi à dimanche. Pour rappel, lorsque l’on parle d’orages, il s’agit bien d’un risque : tous les secteurs mentionnés ne seront pas touchés de manière uniforme.
Les cumuls de pluie s’annoncent très hétérogènes avec un arrosage malheureusement souvent peu efficace pour résorber la très importante sécheresse des sols.
Cela peut paraître paradoxal, mais un orage très intense n’est pas forcément bénéfique pour les sols.
Lorsque la pluie tombe extrêmement rapidement sur une terre très sèche, une grande partie de l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer progressivement en profondeur. Résultat : les cours d’eau peuvent réagir brutalement tandis que les nappes phréatiques et les sols ne bénéficient que très partiellement de ces précipitations.
Pour résorber durablement une sécheresse, plusieurs épisodes de pluies régulières et bien réparties dans le temps sont généralement beaucoup plus efficaces qu’un unique épisode orageux, même très pluvieux.
Dimanche, un faible front froid descendra sur le pays depuis la Manche en apportant quelques pluies relativement faibles du centre-ouest jusqu’au nord de la France. Ce front s’étiolera progressivement en s’enfonçant vers le sud-est durant l’après-midi et la soirée.
Quelques orages retardataires, plutôt isolés, pourront encore concerner les Alpes ainsi que la Corse au cours de l’après-midi.

Carte synoptique prévue pour dimanche illustrant le passage d’un faible front froid sur la France, avant le retour d’un contexte plus anticyclonique en milieu de semaine.
Cette accalmie sera toutefois de courte durée.
Après un début de semaine plus tempéré, notamment lundi, les fortes à très fortes chaleurs reviendront rapidement dès mardi et mercredi.
Dès mercredi, les températures pourraient atteindre 35 à 39°C de l’Île-de-France jusqu’au sud-ouest en passant par les régions centrales et le centre-ouest.
Les températures caniculaires devraient ensuite s’affirmer les jours suivants, notamment à l’est d’une ligne Nantes – Lille, avec des maximales quotidiennes comprises entre 35 et 40°C. Cette tendance reste toutefois à affiner. Les nuits deviendraient elles aussi de plus en plus chaudes.
Le passage du faible front froid attendu dimanche permettra seulement une baisse temporaire des températures.
Les modèles météorologiques envisagent ensuite le renforcement d’un vaste anticyclone favorisant la remontée d’air très chaud en provenance de la péninsule Ibérique et d’Afrique du Nord. Sous ce type de configuration, le ciel reste souvent bien dégagé, l’ensoleillement est maximal et les températures grimpent rapidement.
Lorsque les nuits deviennent elles aussi très douces, l’organisme récupère moins bien de la chaleur accumulée durant la journée : c’est l’un des critères qui caractérisent une véritable situation caniculaire.
Il reste encore délicat de préciser aujourd’hui la durée exacte de cette nouvelle canicule, mais elle pourrait se prolonger au moins jusqu’au lundi 3 août.

Projection des températures maximales attendues en milieu de semaine prochaine. Les dernières simulations confirment le retour de fortes à très fortes chaleurs sur une grande partie du territoire.
Comme toujours, cette tendance sera affinée au fil des prochaines actualisations des modèles.
Nos prévisionnistes départementaux prendront le relais pour préciser les risques au plus près de votre localisation et vous informer de l’évolution de la situation. Restez à l’écoute des prochaines prévisions sur Prévi+.
Image d'illustration : Arthur Brognoli
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